La femme

Aujourd’hui, 8 mars, Journée internationale de la femme, SMAC souhaite vous transmettre certaines informations sur la lutte des femmes en regard de leurs droits au Guatemala.

C’est en 1977 que les Nations-Unies ont officiellement reconnu le 8 mars comme étant la Journée internationale de la femme. Par contre, il faut retourner au début du XXe siècle pour voir les premières militantes manifester afin que leurs droits soient reconnus (ex.: droit de vote, meilleures conditions de travail, égalité entre les hommes et les femmes).

Qu’en est-il au Guatemala? Il aura fallu attendre près de 10 ans après la reconnaissance de cette journée par l’ONU avant que le Guatemala joigne les rangs de cette journée. Malgré les grands problèmes économiques, politiques, et sociaux vécus dans ce pays, les femmes guatémaltèques luttent pour leurs droits car, fort d’un passé trouble marqué par des dizaines d’années de guerre civile, la situation de la femme guatémaltèque à l’égard de la violence et de l’impunité demeure réelle.

Voici un bref aperçu des années historiques depuis que le Guatemala souligne cette journée:

1987 : début de la commémoration du 8 mars au Guatemala. Écrivaines et journalistes ressortent le thème. En raison de la répression de l’époque, la première caravane commémorative ne se réalisera que le 8 mars 1994, où ont participé environ 20 organisations féminines.

1996 : signature des accords de paix qui mettent un terme à 36 années de guerre civile. Ce moment historique engendre de grands espoirs. Dans 5 textes des accords de paix sont inclus des engagements spécifiques en faveur des femmes et spécialement des femmes indigènes.
Le congrès de la République déclare la deuxième semaine de mars comme la “semaine de la femme”

1996-2006 : les accords de paix donnent suite à la création d’un nombre important d’organisations féminines. Durant ces 10 années, une série de lois en faveur des femmes seront approuvées, entre autres.
1999 : création du programme de la Défense de la Femme Indigène.
2000 : création du Secrétariat Présidentiel de la Femme.
2004 : témoignages de femmes victimes et survivantes au Tribunal de Conscience contre la violence sexuelle commise contre elles pendant le conflit armé interne.
2010 : réforme du code municipal donnant naissance aux Bureaux Municipaux de la Femme.

Depuis l’adoption de diverses lois permettant de contrer les inégalités et la violence envers les femmes, on remarque un changement au niveau de leur confiance et du rôle que celles-ci tentent de s’approprier. Les femmes ne veulent plus seulement être responsables de la maison et des soins portés aux enfants, mais elles veulent également prendre leur place dans l’espace public.

Aujourd’hui, on observe que de plus en plus de femmes participent à la vie politique. À titre d’exemple, les élections guatémaltèques du 11 septembre 2011 ont comporté le plus grand nombre de femmes candidates jamais atteint quoique encore très peu d’entres-elles occupent des charges publiques.

Estella Domingo et Oscar son fils.

Estella Domingo et Oscar son fils.

Les femmes s’impliquent davantage auprès d’organisations, en coalition avec les hommes, pour  favoriser  le développement de la société guatémaltèque que ce soit au niveau de la santé, de l’éducation, des droits de la personne, de l’accessibilité à la terre et à l’eau potable etc… C’est le cas d’Estella Domingo, présidente de A.D.I. (Asociación de desarrollo integral), fier partenaire et collaborateur guatémaltèque des projets conjointement développés et implantés avec SMAC.

Voici les propos d’Estelle, traduit de l’espagnol par Ana Maria Seghezzo, membre fondateur de SMAC.

« Une femme à la tête d’une organisation sociale est plutôt rare au Guatemala. Les femmes en général, dans notre pays, n’ont pas de responsabilités comme dirigeantes. Les hommes sont très «  machistes  » et les femmes se sentent discriminées  et  n’osent pas s’investir dans la société. La violence sexiste est très présente surtout dans les petites communautés rurales. Par exemple, très souvent les administrateurs dans les « fincas » abusent sexuellement  des femmes comme condition pour avoir un travail.

Comme présidente de A.D.I. je me sens investie d’une grande responsabilité et je crois que je fais avancer le respect et l’implication des femmes dans la société et en particulier dans nos communautés et dans nos écoles. Aussi, j’ai beaucoup appris des expériences des autres femmes des communautés qui ont lutté pour nos droits de parole, de participation, de respect en tant qu’être humain, d’égalité.  Mais j’ai dû me battre pour avoir ma place.  J’ai très souvent été humiliée, mais j’ai tenu bon.   La situation a beaucoup changé depuis que nous avons un nouveau conseil d’administration. C’est la première fois depuis que A.D.I. a été fondée que nous sommes trois femmes dirigeantes dans le conseil d’administration.

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Estella Domingo, présidente A.D.I.

Par mes propos, je veux surtout rendre hommage  à mes deux parents dont mon père a été assassiné lors d’une manifestation. Ce sont eux qui m’ont montré,  par leur exemple, que le sens de la vie c’est de rendre service aux autres et de  lutter pour la justice sociale. Je veux aussi rendre hommage aux gens de  la paroisse que je fréquentais quand j’étais jeune fille qui m’ont enseigné que j’avais des droits comme être humain et surtout comme femme et que nous sommes tous égaux. Depuis ce temps et même si je suis une femme illettrée, je garde ces enseignements précieusement et je vis pour les mettre en pratique! »

En cette Journée internationale de la femme, avec un gouvernement guatémaltèque qui doit poursuivre ses efforts pour l’application sévère des lois qu’il a mises en vigueur, SMAC désire encourager les femmes à faire entendre leur voix et à prendre leur place dans les processus décisionnels qui permettront des politiques et des projets réalisés dans un contexte d’équité et de respect à leur égard.

Références:
http://8mars.info/
http://blogs.mcgill.ca/humanrightsinterns/2013/08/19/la-situation-des-femmes-au-guatemala/
http://terre-de-femmes.over-blog.com/article-etre-femme-au-guatemala-116557341.html
http://www.millennia2015.org/files/files/Publications/u.pdf
http://www.paqg.org/node/350